Mercredi 9 juin 2010
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La République est une fille trop souvent ingrate qui n'a que faire du respect de
l'Histoire de France.
Cette infortune, aussi funeste que notoire, nul ne la méconnaît.
Une énigme historique rapportée par le Figaro du 7 juin 2010, en guise de rappel, nous en conforte la conviction, une fois de
plus.
*
La tête du bon Roi Henri IV, assassiné voici quatre cents ans, demeure introuvable !
Outrageusement arrachée du cadavre du malheureux souverain, lors des misérables profanations révolutionnaires d’octobre 1793,
cette tête passa ignoblement de mains en mains, durant le si convulsif XIXème siècle.
Après bien des péripéties, bassement mercantiles, celle-ci fut à deux doigts d’être acquise en 1947 par le Musée
du Louvre.
Depuis, nous en aurions perdu la trace.
Définitivement ?
Mais où sont donc passés les limiers de la République ?
*
Véritable parabole de l’esprit du temps, cette triste anecdote illustre au fond l’un des traits troublants qui marquent tant
nos sociétés occidentales contemporaines.
En s’évertuant inlassablement à refouler les ressorts de leurs mémoires, nos civilisations ne se condamnent-elles pas, en
vérité, à une amnésie suicidaire ?
En France plus qu’ailleurs….
Si promptes à s’émouvoir, hors de nos frontières, pour des causes parfois discutables, nos oligarchies politico-médiatiques
affichent de longue date un insondable mépris pour les préoccupations hexagonales des Français.
Ne sachant plus à présent où donner de la tête, la République en vient tout simplement aujourd’hui à perdre le sens des
intérêts fondamentaux de la France.
Le sort des têtes maories n’a-t-il pas de la sorte excessivement accaparé l’attention de pouvoirs publics dont la
vigilance est durablement refusée, dans le même temps, à la protection des précieuses reliques de nos Rois ?
Par l’effet d'une loi scélérate votée en sous-main, le 4 mai 2010, par des parlementaires manifestement indifférents à
l’intégrité du patrimoine de la France, le gouvernement français s'apprête en effet à dépouiller honteusement nos musées de ces vestiges ethnographiques qui iront enrichir dorénavant les
collections de la Nouvelle-Zélande, au mépris du caractère pourtant inaliénable de ces biens culturels.
A l’heure où la nécropole royale de Saint Denis, cruellement privée des deniers publics, se meure inexorablement de la
désaffection que lui porte ostensiblement un Ministère de la Culture davantage soucieux de restaurer à grands frais les colonnes de Buren ou d’investir massivement dans ‘‘les arts de la rue’’,
une irrépressible indignation nous envahit.
Ce sentiment persistant d’infamie que nous inspire une politique culturelle bavarde qui tourne à ce point le dos à la
préservation du patrimoine historique authentique de notre pays, les Français l’éprouvent pareillement en leurs fors intérieurs.
En dépit de ces inqualifiables égarements, gardons malgré tout confiance !
La révolte intense qui gronde aujourd’hui silencieusement, dans les esprits autant que dans les cœurs, ne tardera pas à se
traduire partout en actes car, devant tant de coupable désinvolture, nos compatriotes ne sauraient plus longtemps souffrir des incessantes meurtrissures aussi ouvertement portées à la dignité de
la France.
Karim Ouchikh
8 juin 2010
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